Au Mans, une performance puissante sur les féminicides

Dans le cadre du temps fort « Les Inspirantes », la pièce intitulée Rebota rebota y en tu cara explota s’est jouée à l’Espal, au Mans, le mercredi 31 janvier 2024. Imaginé par Agnès Mateus et Quim Tarrida, ce spectacle fait partie d’une « trilogie de la violence ». L’interprétation forte et criante de vérités parfois difficiles à entendre a secoué le public.

La dure réalité d’être une femme dans nos sociétés actuelles

Performeuse et artiste pluridisciplinaire, Agnès Mateus a incarné avec justesse les violences faites aux femmes lors de la représentation de Rebota rebota y en tu cara (« Ça rebondit, ça rebondit et ça t’éclate en pleine face »). Mêlant musique électro, courtes vidéos et discours à l’humour percutant, cette pièce montrait au public la dure réalité d’être une femme dans nos sociétés actuelles. Pour planter le décor, l’artiste catalane a énuméré toutes les insultes possibles et imaginables dont sont victimes les femmes. Elle l’a fait dans sa langue maternelle avec une traduction en français sur un fond noir. La musique électro donnait de la puissance à ses propos.

Déconstruction et anonymat

Dans cette création puissante, Agnès Mateus a également déconstruit les idéaux des contes pour enfant. Elle a démontré que la société inculquait aux filles, dès leur plus jeune âge, de se marier pour être heureuses. Peu de femmes connues aujourd’hui le sont par leur propre nom. Nombreuses portaient, ou portent, celui de leur conjoint (Marie Curie, Amal Clooney). Les créateurs de cette pièce ont notamment représenté l’anonymat des nombreuses victimes de féminicides avec de courtes vidéos dans lesquelles se trouvait toujours ce même corps inconnu et sans vie qu’on ose à peine regarder.

« La vie devrait nous exploser au visage plus souvent. » (Agnès Mateus)

L’artiste a illustré à travers une chorégraphie la sexualisation du corps féminin. Se mouvant de manière sensuelle, voire provocante, Agnès Mateus à montré ce à quoi est réduit une femme lorsqu’elle sort danser. Les spectateurs ont de nouveau été témoins de cette sexualisation du corps féminin lors de la traduction des paroles aux relents misogynes du son Gasolina de Daddy Yankee.

Coline OLLIVIER PALLUD.

Crédit photos : Quim Tarrida.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *