STING : « J’ai toujours aimé surprendre le public »

Actuellement en tournée en France, l’artiste a rencontré les médias à Paris, jeudi 17 octobre. L’auteur de Roxanne s’est confié sur My Songs, sa dernière compilation. Il a notamment évoqué aussi son engagement pour l’environnement, son goût pour les collaborations, son attachement à la France et le Brexit. Rencontre avec un monument de la musique.

« Un album n’est jamais terminé, les chansons évoluent avec le temps »

Avec My Songs, vous revisitez quinze de vos plus grands succès avec de nouveaux arrangements. Qu’est-ce qui a motivé cette démarche ?
J’aimais bien l’idée de ré-imaginer mes chansons originelles, de les réorchestrer pour me réinventer. Le choix des chansons s’est imposé naturellement. Un album n’est jamais un produit fini, les morceaux évoluent. Un premier enregistrement, c’est comme un premier rencart, ça peut bien se passer, mais la relation évolue avec le temps. J’ai aussi conscience que l’on ne peut être constamment productif. Il faut savoir marquer une pause et se nourrir des expériences de la vie pour retrouver l’inspiration.

Vous avez multiplié les collaborations tout au long de votre carrière.
J’ai toujours aimé la diversité et l’inattendu, comme lorsque j’ai enregistré l’album Renaissance au luth ou un disque avec Shaggy. J’aime suspendre le public. Quelle que soit la collaboration, j’apprends toujours. Faire un duo est un challenge, il faut trouver le compromis avec l’autre l’artiste, ne pas être complaisant et savoir s’écouter mutuellement. La collaboration invite à l’humilité. Tous ces projets me font grandir.

« Les politiques doivent se réveiller et écouter Greta Thunberg »

Vous soutenez la Rainforest Foundation. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur son action ? Par ailleurs, envisageriez-vous de faire de la politique ?
Avec Rainforest Foundation, je m’engage en Afrique, en Amérique du Sud et dans le Moyen-Orient. Le moyen le plus efficace de lutter contre réchauffement climatique est de préserver la forêt. Malheureusement, on la brûle tous les jours. Il faut que les politiciens nous écoutent et écoutent Greta Thunberg. Cette adolescente nous explique que ma génération a détruit le monde pour sa génération et qu’il est temps de réagir.
Je ne me lancerai jamais en politique. Mais cela ne m’empêche pas de m’exprimer comme citoyen de mon pays, citoyen du monde, comme père de famille, époux et grand père. Je donne mon avis, j’ai des droits et des devoirs.

« L’immigration et les brassages enrichissent les cultures »

Quel regard portez-vous sur la France et ce public qui vous accompagne depuis tant d’années ?
J’entretiens une relation particulière avec votre pays. Le public français est très sophistiqué musicalement, cela vient sans doute de son éducation. Je me promenais récemment dans un parc, à Paris, j’ai vu des enfants chanter en harmonie, ils m’ont bluffé. Le public français est ouvert, il s’est toujours intéressé à mes expérimentations.
Par ailleurs, la culture française s’est enrichie des musiques venues d’ailleurs. C’est à Paris que j’ai découvert le raï et la musique sénégalaise. De la même manière, la musique jamaïcaine a influencé la culture anglo-saxonne. L’immigration et le brassage enrichissent nos cultures.

« Le Brexit va causer des dégâts »

Que vous inspire le Brexit ?
Cette situation va causer de sérieux dégâts à moyen et long terme. Il est regrettable que l’Angleterre sorte de l’Europe. J’avais voté pour que nous restions dans l’Union Européenne. Si je devais demander un visa pour bouger en Europe, cela deviendrait compliqué. Il sera impossible de réguler la circulation des biens et des personnes. On devrait parler de protection de l’environnement, des guerres dans le monde plutôt que de se focaliser sur la couleur du passeport.

Propos recueillis par Jaheli NAMAI.

Sting est en tournée en France du 18 au 28 octobre 2019. Mercredi 23 octobre, en concert au Zénith Nantes Métropole.
Vendredi 8 novembre, sortie de My songs-spécial réédition et de The Police – Coffret every move you make. Infos sur le site www.sting.com

Photos : Mamadi Sangaré.

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