Déportation et retour sans son père

« Mais nous aurions été deux à savoir. Nous n’en aurions peut-être pas parlé souvent, mais les relents, les images, les odeurs et la violence des émotions nous auraient traversés comme des ondes, même en silence, et nous aurions pu diviser le souvenir par deux. »

Marceline a écrit Et tu n’es pas revenu soixante dix ans après avoir été libérée. Ce livre est un témoignage. L’auteur a été déportée pendant la Seconde Guerre Mondiale au camp de Birkenau (Pologne). Dans ce roman, elle s’adresse à son père, déporté avec elle et décédé à Auschwitz. Elle lui raconte sa vie à Birkenau après qu’ils aient été séparés. Elle évoque ses souvenirs du camp. Elle parle également de son retour auprès de sa famille et de la difficulté de ses proches à entendre et à comprendre ce qu’elle a vécu. Elle nous fait également part du manque de son père.

« Car avec le temps, l’ombre des camps sur ma vie se confond avec ton absence. Et c’est d’avoir vécu sans toi qui me pèse ».

Mon avis : Dans ce livre d’une intensité rare, le lecteur est au cœur de la relation entre l’auteur et son père. Ce récit poignant mêle l’Histoire et ses conséquences sur des millions de vies. A travers son témoignage, Marceline Loridan-Ivens veut laisser une trace de sa souffrance. Pour que cela ne reproduise jamais. Après la guerre, elle s’est épanouie dans le cinéma. Elle est aujourd’hui âgée de 90 ans.

Et tu n’es pas revenu de Marceline Loridan-Ivens / Suivi d’un dossier d’Annette Wieviorka.
(2016, Collection Le Livre de Poche, 122 pages).

Gaby CHOLIERE.

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