Retour sur l’édition 37 du Forum Philo, au Mans

La 37e édition du Forum Philo Le Monde Le Mans s’est tenue du 30 janvier au 1er février 2026, à l’Université du Mans pour la première journée, puis aux Saulnières. Cette année, cet événement pluridisciplinaire organisé par la ville, l’Université et le journal Le Monde, était animé par Jean Birnbaum et avait pour thématique « Espérer malgré tout? »

Une fois de plus, l’initiative du Forum Philo Le Monde Le Mans a rencontré l’engouement du public, des lycées jusqu’aux personnes du troisième âge. C’est que l’espoir, dans notre France contemporaine marquée par le pessimisme, est une thématique qui interpelle. Face à un paysage (géo)politique, social, et environnemental si sombre, dans un monde désenchanté et désabusé, que faire de l’espoir? Les intervenants issus de disciplines diverses (philosophes, écrivains, historiens, sociologues…) ont apporté des éclairages divers et des perspectives enrichissantes pour penser la question de l’espérance.

La vaine croyance de l’espoir

Impossible de ne pas faire le constat d’une perte de foi en cette époque contemporaine de crises multidimensionnelles. Fini l’optimisme des Lumières du XVIIIe siècle évoqué par l’historien Antoine Lilti, lorsque l’on croyait en le progrès (scientifique, économique, technologique, moral). La philosophe Sophie Nordmann, dans un clin d’œil à une formule de Walter Benjamin, souligne que « le cours de l’espérance a chuté », en particulier après les événements les plus violents du XXe siècle. Comment espérer encore? L’espoir serait-il une vaine, obstinée et naïve croyance ou un refus aveugle de la réalité?

« Espérer n’est pas fuir le présent, mais l’habiter autrement » (Sophie Nordmann)

L’espoir serait un geste propre à l’humain, plus précisément un geste de parole, qui permet de faire advenir un autre monde et un autre temps au sein du présent. Il serait une alternative où le non-prévisible devient possible, où le peut-être peut être. Ce « geste de très peu » (Georges Didi-Huberman) qui peut sembler insignifiant consisterait à « vivre comme si ne pas », selon les mots de Frédéric Boyer qui présente l’espoir comme une « puissance ironique » permettant de tourner le pire en dérision. Paradoxalement, c’est dans les contextes les plus désespérés que l’espoir, persévérance au sein d’un présent en crise plutôt qu’aveuglement face à la réalité, est le plus nécessaire.

Texte et photos : Alex ALIX.

Page de la 37e édition sur le site du Forum Philo ici, où des liens vers les rediffusions des différentes interventions sont accessibles.

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