Le festival Plein Champ s’est déroulé du 3 au 5 juillet 2026, au parc du Gué-de-Maulny, au Mans. Comme chaque année, le public (68 000 festivaliers) était au rendez-vous lors de ce week-end ensoleillé pour découvrir et rencontrer les street-artistes à travers des œuvres réalisées sous leurs yeux. Retour sur cette huitième édition.

Lors du festival d’arts urbains du Mans, le visiteur peut admirer la performance en direct des artistes répartis à travers les trois espaces du parc du Gué-de-Maulny. Parce que les œuvres sont en pleine réalisation, il est intéressant de passer une et l’autre fois dans un espace, d’un jour au suivant, pour constater l’évolution d’une création. Et si l’on n’a pas pu se rendre au festival, pas d’inquiétude, car les murs de Plein Champ sont destinés à demeurer sur le site pendant un an. C’est par ailleurs un défi pour les artistes, puisque la fresque ainsi exposée en extérieur est condamnée à se dégrader. « C’est l’occasion, de revenir de saison en saison pour voir l’œuvre évoluer alors qu’achevée », confie une visiteuse.

La diversité est l’un des maîtres-mots du festival, les artistes étant originaires du Mans, de France (Lyon, Rennes, Grenoble…) ou d’ailleurs (Allemagne, Brésil, Serbie…). Ce qui frappe d’année en année, c’est la variété de styles et de sujets sur les murs et le cube où la plupart des artistes performent. « Il n’y a pas de thème imposé, chacun fait ce qu’il veut. Chacun vient raconter ce qu’il a envie de raconter », explique Cannibal Letters. De même, du fait de la diversité des arts représentés (parmi les artistes présents, on trouve des peintres, muralistes, graffeurs, dessinateurs, graphistes…), les techniques mises en œuvre sont variées : bombe, pinceau, feutre, rouleau…

Le festival Plein Champ n’est pas seulement un moment de choix pour découvrir des œuvres d’art visuel urbain ; au visiteur est offert d’accéder autant au processus de création qu’à son résultat fini. Il assiste à la performance des artistes en action et peut échanger avec eux. Si le public est assurément ravi de cette opportunité, on peut se demander comment les artistes eux-mêmes composent avec la contrainte d’une présence tout au long de leur travail. Difficile de discuter avec les visiteurs tout en avançant dans la réalisation d’une œuvre. « Je peins, puis des fois je m’arrête, et là, je parle », déclare Marie-Laure Mallet-Melchior.

Texte et photos : Alex ALIX.
