Les frises du Parthénon, trésor antique controversé

Chefs-d’œuvre de la Grèce antique, les frises du Parthénon sont aujourd’hui au cœur d’un débat international. Entre héritage culturel et revendications historiques, leur histoire continue de susciter de nombreuses questions.

« Je crois que le temps est venu pour que ces marbres reviennent sous le ciel bleu de l’Attique, dans leur espace naturel, là où ils constituent une partie structurelle et fonctionnelle d’un ensemble unique. » — Melina Mercouri, ministre grecque de la Culture (1982).

Dominant l’Acropole d’Athènes depuis le Ve siècle avant J.-C., le Parthénon est l’un des monuments les plus célèbres de la Grèce antique. Sculptées sous la direction de Phidias, ses frises formaient à l’origine une bande continue d’environ 160 mètres. Elles représentent la procession des Grandes Panathénées, une fête religieuse organisée en l’honneur de la déesse Athéna, protectrice de la cité. Cavaliers, prêtresses, citoyens et divinités s’y côtoient dans un remarquable témoignage de l’art grec classique.

Au début du XIXe siècle, alors que la Grèce est sous domination ottomane, le diplomate britannique Lord Elgin fait retirer une grande partie de ces sculptures. Elles sont ensuite vendues au gouvernement britannique et rejoignent les collections du British Museum, où elles sont toujours exposées. D’autres fragments sont, quant à eux, conservés au Musée de l’Acropole, à Athènes.

Les Caryatides de l’Acropole tournées éternellement vers le Parthénon.

Depuis plus de quarante ans, la Grèce réclame officiellement le retour de ces frises. Pour Athènes, elles constituent un ensemble indissociable du Parthénon et ne prennent tout leur sens qu’au sein du monument pour lequel elles ont été créées. Le Royaume-Uni défend au contraire leur présence dans un musée à vocation universelle, où elles sont accessibles à des visiteurs venus du monde entier.

Au-delà d’un simple désaccord entre deux pays, les frises du Parthénon sont devenues le symbole d’une question plus vaste : à qui appartient le patrimoine culturel ? Entre histoire, diplomatie et mémoire collective, leur destin continue d’alimenter un débat qui dépasse largement les frontières de la Grèce.

Lou PERRIGAULT.
Photos : Shpëtim Ujkani et Stelios Kazazis.

Source : Melina Mercouri, discours à la Conférence mondiale sur les politiques culturelles de l’UNESCO, Mexico, 29 juillet 1982. Crédit photo: Unsplash.