« J’irai au Pays des licornes » invite à réfléchir

J’irai au Pays des licornes est un roman de Jean-François Chabat publié en 2009. Derrière ce titre annonçant un livre joyeux se cache en réalité une intrigue abordant des thèmes sociaux et moraux profonds.

Dans J’irai au Pays des licornes, Pavlo, un Ukrainien de 12 ans, raconte son histoire, de l’accident qui a tué ses parents à sa mauvaise expérience de l’orphelinat, en passant par sa lutte pour survivre seul dans la rue. Il est finalement repéré par le riche Monsieur Nazar, grâce, ou à cause, de son talent pour les arts martiaux. L’adolescent est alors entraîné, malgré lui, dans un centre où il doit participer à des combats de MMA, un art martial où la plupart des prises sont autorisées. Il s’y bat contre d’autres enfants pour le seul plaisir de riches personnages qui parient sur les affrontements.

Ces combats, qui ont un dessein peu moral, peuvent questionner : jusqu’où l’humain peut-il aller pour prendre du plaisir ? Le récit raconté à la première personne nous permet d’accéder aux émotions de Pavlo : sa colère, sa douleur et sa tristesse, mais également, son amour pour ses amis et sa haine pour Monsieur Nazar et les riches parieurs.

« Dans la rue, quand il y a une agression, presque jamais on ne s’interpose. »

Les événements du récit se déroulent peu après la chute de l’URSS* et donc de l’indépendance de l’Ukraine. Ce contexte historique nous renseigne sur la pauvreté du pays à la suite de son indépendance. Le protagoniste dénonce la faim, la soif, la loi du plus fort, mais aussi, la passivité des responsables de l’orphelinat face aux atrocités et des passants qui dans la rue ignorent les agressions des sans-abri.

« Mon Pays des licornes. Je m’évade de ce monde brutal, et je rejoins mes belles. »

Pavlo parvient à survivre et à surmonter son malheur grâce à son jardin magique : le Pays des licornes où il retrouve ces êtres mystiques qui le rassurent et lui font oublier ses peines. La rue vaut-elle mieux pour les enfants qu’un centre qui les destine au combat pour des riches ? Cette question est au cœur de ce roman à la fois moralisateur et touchant.

Texte et photo : Balthazar PEREZ.

Citations issues du livre, J’irai au Pays des licornes, Jean-François Chabat, L’école des loisirs, 2009, 180 pages.

*URSS : Union des républiques socialistes soviétiques.

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