Druuna est une série de bande dessinée de l’italien Serpieri. Dans un monde de science-fiction apocalyptique, une jeune femme tente de retrouver son amour perdu Schastar… mais plus le récit avance, plus elle semble vouée à demeurer la dernière humaine restante dans l’univers.
Druuna a été vendue comme une BD érotique, mais s’arrêter à cela serait passer à côté d’une œuvre immense et complexe, profondément philosophique comme l’est en général la bonne science-fiction.
Serpieri joue sans cesse sur la dichotomie entre la chair et la machine, qui se partagent l’esprit, l’intelligence, la conscience. Tantôt la chair dégoûte, à travers les monstres arachnoïdes et autres mutants ; tantôt elle est séductrice, à travers les scènes érotiques et l’omniprésence du corps de Druuna comme un rappel permanent à la vie dans un monde de mort. De même, la machine tantôt terrifie tantôt rassure, elle passe de l’oppression à la salvation.
Chaque opposition manichéenne visible dans les albums pris séparément s’annulent entre elles quand on prend l’ensemble. Au fil de ses explorations et de la détérioration de son identité (amnésie, réalité alternatives, clonages, mutations…) Druuna interroge l’essence même de l’humanité, et n’apporte aucune réponse simple.
Texte et illustration : Charlie PLES.
Ouvrage interdit aux moins 18 ans.
