L’écrivain Bernard Werber, célèbre pour sa trilogie des Fourmis, a publié en 2015 une pièce de théâtre, Bienvenue au Paradis, qui traite en trois actes une thématique chère à l’auteur : la mort et l’au-delà.
L’avocat Anatole Pichon se réveille d’une ablation du poumon, éberlué d’avoir survécu à une opération très risquée. Jusqu’à ce qu’il découvre qu’il est bel et bien mort.
Décédé de son cancer des poumons, il se retrouve au milieu d’un tribunal au Ciel où toute sa vie est passée au crible par Gabrielle la juge, Caroline l’avocate et Bernard le procureur. A-t-il suffisamment respecté suivi le chemin de vie qui devait être le sien ? Si oui, il pourra demeurer au Paradis. Si non, son âme est condamnée à la réincarnation. Le lecteur ne s’ennuie jamais dans cette pièce riche en rebondissements. C’est le ton de l’humour qui est choisi au moment d’aborder un sujet d’inquiétude pour bon nombre d’êtres humains : le devenir de l’âme.
Une pièce riche en rebondissements
Dans Bienvenue au Paradis, la mort se présente comme une étape cruciale dans l’existence d’une âme puisque c’est le moment de définir le destin de sa prochaine réincarnation. Pourtant, les préoccupations d’ordre spirituel cèdent rapidement le pas à des considérations bien plus triviales de la part des différents personnages. Ils appréhendent la mort avec un mélange de gravité, de cynisme et de détachement qui contribue à dédramatiser ce phénomène par la dérision. Ainsi, la mort n’efface pas l’humanité, pour le meilleur comme pour le pire, de ces individus.
Werber imagine également un système organisant la réincarnation des âmes
Le Ciel se présente tout d’abord comme le lieu du Jugement dernier, le défunt devant rendre compte de sa vie passée devant un tribunal. Mais l’auteur imagine également un système organisant la réincarnation des âmes, transférées vers les enfants à naître. Ce Paradis désacralisé se révèle être une véritable administration ; un univers bureaucratique où la mort est une affaire à la fois sérieuse et banale. Ce sont les tares de la société que ces scènes de l’au-delà reflètent avec ironie, à travers le procès des défunts révélant le pire de leur vécu et l’attitude déconcertante du personnel céleste ; des personnages à la fois antipathiques et attachants.
Texte et photo : Alex ALIX.
Bernard Werber, Bienvenue au Paradis (2015), Albin Michel, 193 pages.
