« Je m’appelle Julian Atzenhoffer, j’ai 20 ans et je suis en troisième année de licence de droit au Mans. J’ai la chance, pour le second semestre*, d’être en échange universitaire, grâce à Erasmus, à Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette série d’articles a pour vocation de produire un guide pratique du système Erasmus, de la ville et de ses alentours. Ce sixième article est consacré à la Cité de la Culture. »
Un projet pharaonique
Saint-Jacques-de-Compostelle est une ville de taille moyenne (environ 100 000 habitants). Cependant, un ensemble de monuments la surplombe comme s’il s’agissait d’une seconde ville dans la ville : il s’agit de la Cité de la Culture. Ce projet démesuré a vu le jour en 2011, après douze années de travaux et plus de 600 millions d’euros d’investis. Cela illustre le large décalage entre les attentes des habitants, dont le PIB moyen par citoyen est environ inférieur de 10% par rapport au reste de l’Espagne. De plus, la Cité de la Culture est totalement excentrée, ce qui fait que peu de personnes s’y rendent réellement. Toutefois, cette absence de public rend la visite plus agréable, car cela donne un sentiment de privatisation et de solitude très propice à la contemplation.
Un ensemble multiculturel et naturel
La Cité de la Culture porte bien son nom : elle est uniquement dédiée à la culture, et ce, sous toutes ses formes.
L’édifice le plus imposant est la Bibliothèque centrale de Galice. Avec ses 20 km d’archives, elle regroupe environ 800 000 œuvres et accueille souvent des expositions temporaires sur la Galice (sur le cinéma du XXème siècle en avril 2026).
La Cité de la Culture héberge également le Museo Centro Gaiás. Sur plus de 6 600 m², le musée interroge notamment sur le rapport que l’homme moderne entretient avec les mondes digitaux, entre super humanité et infra humanité ou simplement nouvelle humanité. De plus, comportant de nombreuses expositions temporelles, le musée invite le public à réfléchir sur l’essence des saisons, mais aussi, à découvrir des artistes galiciens émergents ou oubliés. Ce musée, chose rare en Ibérie, est gratuit pour l’ensemble des visiteurs.
La Cité de la Culture comprend également une salle de spectacle, des bureaux et un énorme parc constellé de sculptures abstraites dans lequel il est très agréable de se poser, sous le soleil réconfortant et dans un silence naturel.
Texte et photos : Julian ATZENHOFFER.
* Semestre : unité de mesure de l’année scolaire correspondant, en réalité, à 4-5 mois en fonction des établissements.






