Les confidences de Vincent Tassy

L’auteur d’Effroyable Porcelaine et d’Apostasie publie un nouveau roman, Comment le dire à la nuit, aux éditions du Chat Noir. Le souverain des ombres se confie au webzine vitav.fr.

A quand remonte votre vocation pour l’écriture ?
J’ai commencé à écrire des petites histoires quand j’étais enfant et je n’ai jamais cessé depuis. Écrire est immédiatement devenu une chose essentielle. Je n’ai jamais imaginé ne pas le faire. D’où est-ce que ça vient ? Je ne sais pas. Pourquoi un tel désir ? Mais s’il fallait que je m’attribue une « vocation » et une seule, ce serait celle-là. Même à ne pas être lu, d’ailleurs.

« Je suis attiré par les récits noirs et tristes »

Vous créez des mondes complets et singuliers dans une ambiance délicieusement sombre. Quelles sont vos sources d’inspirations ?
Mes inspirations premières viennent de la littérature gothique. Il y a eu une période où je lisais beaucoup de romans noirs de la fin du XVIIIe siècle et du premier XIXe. Ces lectures-là ont certainement marqué mon imaginaire de façon irréversible, même si je les fréquente moins aujourd’hui. En tant que lecteur – je me considère d’ailleurs bien davantage lecteur qu’écrivain –, je suis naturellement attiré par les récits noirs et tristes. Les raisons de cette attirance traversent d’ailleurs en filigrane tout ce que j’écris. Il y a de quoi s’interroger sur ce magnétisme de la mélancolie.

« Mon désir d’écrivain est dans le travail musical »

Quelles sont vos intentions d’écriture ? Y a-t-il un ou des messages que vous souhaitez faire passer à vos lecteurs ?
Je ne crois pas avoir d’intentions particulières. La question de « l’intention d’auteur » est très complexe, cela dit. Il y a certainement des messages qui débordent ma volonté, ou, il peut m’arriver peut-être d’envoyer quelques signaux d’idées… J’ai de plus en plus tendance à penser qu’écrire est inévitablement politique. Mais je dirais que mon désir d’écrivain, s’il en est un, est dans le travail musical, rythmique, mélodique, d’une voix, flottante, blanche, creusant le cœur. Je ne crois pas devoir élaborer de scenarii, ni offrir à ma lectrice ou à mon lecteur un « moment d’évasion » ; plutôt créer de l’imaginaire, avec tout ce que cela implique, d’émotionnel et d’intime.

Que pouvez-vous nous dire de Comment le dire à la nuit*, votre nouveau roman ?
On y suivra différents personnages à différentes époques, tous liés, par hasard ou non, à une dame nommée Athalie (oui, comme dans La Bible, et surtout comme dans la pièce de Racine). Athalie vit seule dans un château et se tient aussi loin que possible de son passé, jusqu’à l’ennui. Lorsqu’elle capture un garçon aux longs cheveux blancs croisé sur sa route, quelque chose se passe en elle, un désir effarant la submerge, un amour sans exemple, complètement fou. Elle veut sortir de cet ennui. Il s’agirait de voir jusqu’où pourrait aller son amour et sa folie. J’espère que les gens qui ont aimé Apostasie apprécieront ce nouveau livre, que j’estime plus abouti et subtil. En ce moment, je travaille en parallèle sur plusieurs projets, le principal étant un bref récit d’horreur, très muet et très froid, que je rédige en pointillés, dans le bonheur total de le faire.

 

Propos recueillis par Nora LAKEHAL.

Crédit photo : Cécile Guillot.

*Comment le dire à la nuit sort le 5 septembre (éditions du Chat Noir).

A lire également, la chronique d’Apostasie sur ce lien

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