Emily Barnett sonde l’insouciance envolée d’une génération

Critique littéraire et cinéma aux Inrockuptibles, Emily Barnett publie un deuxième roman, Les Oiseaux de passage qui évoque avec finesse et émotion le choc des attentats du 13 novembre 2015 et l’intensité de l’adolescence.

Dès la lecture des premières pages, on sent bien qu’Emily Barnett a puisé dans des éléments biographiques pour donner à son texte la tonalité la plus juste possible. Son récit personnel se télescope avec la fiction racontée par Juliette, la narratrice. Comme son personnage, l’auteure a été témoin des attentats du 13 novembre.

Puis le filtre de la fiction revient. Alors que Juliette se rend chez un ami, elle se retrouve au cœur des terrasses ensanglantées et vient en aide à Paul, qu’elle n’a pas revu depuis le lycée. S’ensuit alors une déambulation nocturne entre ces deux personnages dans ce Paris blessé par la folie meurtrière. Au cours des discussions, le spectre de leur ami Diane, suicidée lorsqu’ils étaient adolescents, revient les hanter. 

En contrepoint de la noirceur de cette nuit du 13 novembre, Emily Barnett capte aussi l’intensité, les tourments de l’adolescence dans une succession d’analepses qui dépeignent une jeunesse des années 1990 où le « monde entier avait seize ou dix-sept ans ». Elle décrit avec talent ces corps électriques, les difficultés de l’amitié, l’élan vers des mouvements contraires. 

Ce texte est surtout un superbe portrait d’une génération pour qui l’insouciance s’est envolée un soir de novembre 2015. 

 

Les Oiseaux de passage, (Flammarion, 190 pages) d’Emily Barnett.

Ismaël EL BOU – COTTEREAU.

Photo : Photo ASTRID DI CROLLALANZA/FLAMMARION.

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