« Max », entre histoire et fiction

Dans le roman Max paru en 2012, Sarah Cohen Scali plonge le lecteur dans la peau du personnage principal, Max, né en Allemagne à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale.

Un projet réel et atroce

En 1936, partout en Allemagne, le programme Lebensborn* ordonné par Adolph Hitler se met en place. Max est le premier nourrisson à naître : blond, yeux bleus et en excellente santé. Lui est ses camarades vont devenir les futurs moteurs de la jeunesse hitlérienne. Né d’un viol perpétré par un soldat allemand, il est vite enlevé à sa mère et renommé sur son acte naissance Konrad. D’abord dans une maternité qui continue le projet Lebensborn, puis pendant la guerre dans une école au profit d’Hitler, Max va grandir et faire la rencontre de Lukas un enfant juif polonais qui échappera à la mort. Tous deux vont vivre l’horreur de la guerre.

Un être attachant et détestable

Max est un roman fait de sentiments de contradiction qui nous ouvrent une partie méconnue de l’Allemagne nazie. Le livre nous montre un garçon endoctriné par l’idéologie du Troisième Reich qui a grandi seul face à des problèmes d’adulte. Peu à peu, le protagoniste va comprendre, réfléchir et se questionner. Attachant et détestable à la fois, le personnage de Max est rempli de complexité et de solitude.

Ce dur récit, développé sur un fond historique, n’est pas destiné à tous les lecteurs**. Jalonnée par l’atrocité, l’histoire suscite le rire, la réflexion et les larmes.

Texte : Marguerite GENOUD.

Max, Sarah Cohen Scali, Gallimard Jeunesse, collection Scripto, 2012, 480 pages.

*association de l’Allemagne nationale-socialiste, patronnée par l’État et gérée par la SS, dont le but était d’accélérer la création et le développement d’une race aryenne parfaitement pure et dominante.
**pour les plus de 15 ans.

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