Le 18 juillet avait lieu la Journée mondiale des animaux liminaires. En écologie, ce terme désigne les animaux sauvages vivant au contact des humains, notamment dans les villes, comme les moineaux, les goélands, ou encore, les pigeons. Ces derniers comptent parmi les animaux les plus mal-aimés, mais aussi, les plus méconnus. Que savons-nous réellement de ces oiseaux que nous croisons chaque jour ?
Une présence héritée de leur domestication
Les pigeons ont été domestiqués par l’être humain il y a plusieurs millénaires. Dès l’Antiquité, ils étaient notamment utilisés comme messagers. Très intelligents, ils sont capables de retrouver leur pigeonnier à des centaines de kilomètres, de mémoriser des itinéraires, de reconnaître des visages humains et de distinguer des lettres ou des images.
Pendant les deux guerres mondiales, ils ont permis de sauver de nombreuses vies. Le célèbre pigeon Cher Ami, malgré de graves blessures, transmit un message qui sauva 194 soldats américains et reçut la Croix de guerre. Avec l’arrivée du télégraphe, du téléphone puis de la radio, les pigeons voyageurs sont devenus inutiles et beaucoup ont été abandonnés, contribuant aux populations urbaines actuelles.

Cassons les préjugés
Les pigeons ne sont pas des animaux sales : ils consacrent beaucoup de temps au nettoyage de leur plumage et se baignent régulièrement. Le risque de transmission de maladies à l’être humain est très faible et concerne principalement les personnes exposées à d’importantes quantités de fientes dans des espaces clos.


Ils ne sont pas « nuisibles » par nature : ce terme est une qualification humaine, pas une caractéristique biologique. Ce sont des animaux sauvages qui se sont adaptés à nos villes après leur abandon. Très sociaux, ils forment des couples durables, élèvent leurs petits à deux et peuvent développer une véritable relation de confiance avec l’humain. Les blessures fréquentes à leurs pattes sont souvent causées par des cheveux, fils ou ficelles qui s’y enroulent et agissent comme des garrots.
Des solutions éthiques
Il existe des méthodes de régulation éthiques, comme la contraception, déjà utilisée à Barcelone ou Bruxelles. À Barcelone, la distribution de contraceptifs dans des mangeoires automatiques a permis de réduire de 55,3 % les effectifs des colonies traitées, montrant que l’abattage est loin d’être la seule solution.

Pour finir, les pigeons ont mauvaise réputation, mais ils sont simplement des oiseaux qui se sont adaptés à un environnement qui n’était pas le leur afin de survivre après avoir été abandonnés. Sensibles, intelligents et parfois affectueux, ils méritent que nous changions notre regard sur eux.
Texte et photos : Elsa FERREIRA.
Pour en savoir plus, il est possible de suivre @pinponpigeon.asso sur Instagram.
