« Le Parfum », un monde sensoriel

Écrit par l’auteur allemand Patrick Süskind, le roman, Le Parfum, est paru en 1985. Entre histoire et atrocité, le lecteur est happé par un sombre récit olfactif. Traduite et adaptée, cette œuvre est devenue un classique du XXe siècle.

Dans un décor parisien du XVIIIe siècle, le lecteur découvre le protagoniste, Jean-Baptiste Grenouille. Cet être à l’âme froide naît en 1738 au cimetière des innocents abandonné par sa mère. Malgré les conditions, il survit et est pris en charge par madame Gaillard. Chose étonnante, le jeune Grenouille n’a pas d’odeur, encore plus étonnant, il est capable de tout sentir : de l’odeur de la pierre, à celle des tissus, en passant par celles des gens et des émotions.

La vie d’une âme sombre

Au cours de sa jeunesse, il travaille avec le tanneur Grimal dans des circonstances peu enviables. L’odeur des êtres humains le répugnent. Toutefois, un soir de l’année 1753, il sent pour la première fois une fragrance humaine qui le submerge, celle d’une jeune femme rousse de la rue des Marais. Son engouement est tel qu’il la tue de sang froid pour s’approprier son parfum, puis retourne à sa vie en se le remémorant. Plus tard, il parvient à intégrer la parfumerie de Giuseppe Baldini. Il se révèle être un être manipulateur, mais sans ambition de richesse ou de célébrité. Il veut seulement « extérioriser son monde intérieur »* et rendre réelles les combinaisons qu’il imagine. Cependant, l’obscur caractère de ce personnage solitaire reprendra le dessus et commettra des crimes en série qui affoleront la population.

Un voyage parfumé

La dimension olfactive est centrale dans ce roman. De fait, Patrick Süskind crée avec brio un récit où les odeurs ont une consistance et une incarnation. Loin d’un parfum doux et constant, le lecteur est emporté de façon tumultueuse dans une bibliothèque de senteurs tantôt âpres, tantôt fleuries. Mêlant éléments historiques et fiction, l’écrivain offre un voyage sensoriel exquis.

Texte, illustrations et photos : Maéva VALLÉE PINOT.

*Citation issue de la page 123 de l’œuvre Le Parfum, Patrick Süskind, Le Livre de Poche, [1985] 1986, 280 pages.

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