Le nom de la rose, apologie politique et philosophique du rire

Entre le roman policier et l’essai théologico-philosophique, le livre le plus connu d’Umberto Eco (1980) est une ode à la liberté contre l’obscurantisme et toutes les oppressions.

L’ancien inquisiteur Guillaume et son disciple Adso mènent l’enquête sur une série de meurtres au sein d’une abbaye. Nos deux protagonistes rappellent évidemment Sherlock Holmes et Watson, et la dimension parodique n’est pas anodine…

Si l’horreur des meurtres, le décor, et les rumeurs sur les monstres et les fantômes qui habiteraient la bibliothèque font planer l’ombre du diable tout au long du récit, le fantastique, né de l’obscurantisme des religieux, est toujours combattu par la rationalité de Guillaume.

Et ainsi, le diable change sans cesse de forme, entre les spectres, la cruauté humaine, et l’ignorance.

Un livre apparaît au cœur de l’intrigue, à l’origine de tous les meurtres et au bout de l’enquête… Cet ouvrage s’avèrera être le deuxième livre de la Poétique d’Aristote. Il porte le rire comme moyen de connaissance, un rire qui aurait remis en cause tout le dogme de la chrétienté, et qu’il fallait donc cacher au prix de certaines vies.

La vérité doit rire, de tout et d’elle-même

Mais les révélations finales démontrent que les différentes morts n’étaient pas vraiment liées, et que le schéma logique établi par Guillaume s’avère caduc, quand bien même il l’a amené jusqu’à la vérité. L’intrigue policière est en fait construite à base de qui pro quo, selon un schéma de comédie ! Une mise en abîme parfaitement maîtrisé de la part de Eco.

La leçon du Nom de la rose, c’est que la vérité doit rire, de tout et d’elle-même, et que toute construction humaine, connaissance et civilisation, est vouée à finir caduque, ou en cendres.

Texte et illustration : Charlie PLÈS.

Le Nom de la rose a été adapté au cinéma par le réalisateur Jean-Jacques Annaud en 1986.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *