La place ambiguë de l’IA dans le système académique français

L’intelligence artificielle générative s’impose aujourd’hui à l’univers universitaire français, notamment dans des filières exigeantes où la charge de travail est importante et les délais impartis courts. L’IA s’apparente à un outil “gain de temps”. Pourtant son essor divise autant les enseignants que les étudiants.

Le point de vue des enseignants

Au sein de l’enseignement supérieur, deux visions s’opposent. 

Les plus sceptiques considèrent que l’utilisation de l’IA entraîne une baisse du niveau général des étudiants. En dénonçant notamment une diminution des capacités de réflexion, une dépendance croissante aux outils numériques ainsi qu’une baisse du niveau d’orthographe et de rédaction. En réaction, certains enseignants renforcent les contrôles avec souvent des sanctions à la clé. Cela entraîne la quasi disparition des travaux dirigés évalués, à défaut de devoirs manuscrits sont imposés afin d’éviter l’usage excessif de l’IA.

À l’inverse, d’autres professeurs adoptent une approche plus progressiste. Pour eux, l’intelligence artificielle constitue un nouvel outil de travail qu’il faut apprendre à utiliser puisque qu’il s’agit d’un tournant majeur à accepter plutôt qu’à prendre en contrepied. Certains recommandent même des méthodes de prompt1. L’usage de l’IA est parfois autorisé lors des examens, c’est un outil tel que l’est le cours et non une réflexion suffisante sur une thématique.

Le point de vue des étudiants

Les étudiants eux-mêmes ont des pratiques très variées. Même si l’usage de l’IA semble aujourd’hui presque généralisé, beaucoup doutent et se méfient encore. Malgré ses capacités impressionnantes, l’intelligence artificielle reste imparfaite. Elle peut produire des erreurs, inventer des informations ou encore générer des contenus proches du plagiat, ce qui est particulièrement problématique dans des études exigeantes où la rigueur intellectuelle est essentielle.

L’utilisation de l’IA se limite généralement à la correction d’un texte, la reformulation d’idées et comme une aide aux révisions. Cependant, l’objectif des étudiants n’est pas nécessairement la qualité du travail, dans un contexte de surcharge académique, l’IA sert parfois simplement à produire une idée du sujet.

L’IA ne remplace donc pas la réflexion humaine, mais agit davantage comme un outil d’assistance. Ainsi, l’université française se trouve aujourd’hui face à un défi majeur. Apprendre à encadrer l’usage de l’IA afin qu’elle reste une aide au travail et non un substitut à la pensée critique des étudiants dans un contexte global qui tend au remplacement d’un certain nombre de professions par la réflexion artificielle.

  1. Demandes concises pour une réponse de l’IA correspondant pleinement aux attentes ↩︎

Eléna DANGEARD

Image de couverture : ia canva / Image texte : Eléna Dangeard