“Mercredi 1er octobre 2025, à la Cabane de la Pègue (2000m). Dix-neuf jours après mon départ d’Hendaye, la fin de l’étape 6 de l’Hexatrek est toute proche. Après une étape à Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées) pour reprendre des forces, je rejoins la réserve naturelle du Néouvielle. J’évolue dans un paysage aux allures de parcs nationaux d’Amérique du Nord, au milieu des blocs de granite, d’une végétation virant au orange et de lacs bleu turquoise. Je marche sans croiser personne dans une nature luxuriante, accompagné par les raires* des cerfs qui brament au loin.

Des vallées qui apaisent l’âme
Si le Pays-Basque m’a touché par la richesse de sa culture et la bienveillance des personnes que j’y ai rencontrées, le Béarn m’a subjugué par ses montagnes sauvages et mystérieuses. Les vallées discrètes des Hautes-Pyrénées m’apportent apaisement et sérénité. J’ai la sensation du temps qui s’étire à chaque pas, d’être à ma place dans les éléments des décors que je traverse. Dernier plateau, dernier pierrier, dernier col. Les cartes confirment l’implacable imminence de mon arrivée vers Saint-Lary-Soulan.
Au soir de mon avant-dernier jour, je retrouve un groupe d’hexatrekeurs et d’hexatrekeuses avec qui je partage une cabane pour la nuit. Nous échangeons anecdotes et conseils autour d’un repas copieux. Ils sont partis de Wissembourg il y a 4 mois, ce que j’ai parcouru jusqu’à présent les sépare encore de leur destination finale. Après un départ à 3h du matin, j’entame une marche dantesque, au milieu de cerfs endiablés, pour rejoindre Saint-Lary-Soulan qui vient sonner le glas de ma marche, après 22 jours, 400km et 20 900m de dénivelé positif parcourus depuis l’Océan Atlantique.”
Texte et photos : Timon MOREAU.
* Raire : cri du cerf.
