Au Mans, une expo interroge l’équité femme-homme

Mardi 10 mars 2026, Céine Pelat a dévoilé « Mascudité » à la Brasserie Septante-Deux, au Mans. À travers neuf toiles saisissantes, l’artiste-peintre mancelle met des hommes à nu aux côtés de femmes vêtues pour inverser les rôles, évoquer la fragilité tout en mettant en exergue la complicité au sein du couple. Rencontre autour de cette première exposition.

Quel est votre rapport à l’art ?
J’ai commencé à dessiner à l’âge de 5 ans. J’étais très productive. J’ai réalisé ma première peinture à l’huile à l’âge de 12 ans, c’était mon chat. Je me suis mise à la peinture acrylique pendant quelques années et j’ai suivi les cours loisirs des Beaux-Arts au collège. À la fin de mes études, j’ai tenté le concours des Beaux-Arts, sans succès. J’ai repris la peinture plus tard, chez moi. Je peignais à partir de clichés du photographe Yann Artus Bertrand., notamment celui d’un marché de 400 tapis, vu du ciel. Je n’avais pas de projet personnel à l’époque.

« A travers cette série, je voulais travailler sur l’aspect du couple et la complicité »

Comment est né « Mascudité », votre premier projet artistique ?
Je suis très sensible à la cause féministe, aux questionnements autour de l’égalité homme-femme et de la place de chacun. Lors d’une discussion avec Mélodie Roulaud, une amie photographe installée à Londres, nous avons évoqué l’omniprésence de l’homme dans tous les domaines de la société. Nous avons échangé sur « Déjeuner sur l’herbe », le célèbre tableau d’Édouard Manet. L’homme est présent de manière sujet, alors que la femme est représentée comme un objet. Nous avons voulu monter un projet sur cette thématique. La distance nous a empêchées de le mener à deux, mais j’avais à cœur d’aller au bout.

« J’ai notamment interrogé Guy Brunet, féru d’histoire de l’art, sur le fait qu’il n’y avait pas de toile représentant des hommes nus au côté de femmes vêtus. J’ai creusé le sujet et le terme « Mascudité » est venu naturellement »

« J’aime l’idée que cette exposition puisse interroger, toucher et bousculer les gens »

Quel a été le processus de création de ces toiles ?
Je voulais montrer que la beauté du corps n’a rien à voir avec le genre. Au départ, je souhaitais prendre le contre-pied de la nudité féminine qui est banalisée en mettant l’homme nu. Mais je trouvais intéressant de montrer cette homme nu à côté d’une femme habillée pour évoquer le rapport de fragilité et de force, d’objet et de sujet par cette inversion les rôles. J’ai proposé à des couples de poser pour moi. Je n’ai imposé aucune pose à ces modèles, ils étaient libres. Je leur demandais juste d’être créatifs.

« Les retours positifs de personnes que je ne connais pas m’ont touchés »

Votre projet est né en 2019 et vous avez l’avez terminé en 2026. Pourquoi ce lapse de temps ?
Je suis professeur de écoles, enseignante spécialisée en collège. Ma vie personnelle et mes diverses activités me prennent beaucoup de temps. Je peins lorsque j’ai du temps, pour me détendre, la peinture, c’est visceral. L’artiste manceau Tian m’a conseillé de poser une date d’exposition. L’échéance du projet a fait accélérer le mouvement. Je suis fière d’être allée au bout, d’avoir respecter les délais. J’ai été touchée par la présence de nombreux visiteurs au vernissage et les retours positifs de personnes qui ne font pas partie de mon entourage.

Propos recueillis par Jaheli NAMAI.

« Mascudité », de Céline Pelat à la Brasserie Septante-Deux, 21, rue du Dr Leroy, au Mans. Exposition visible jusqu’au samedi 4 avril 2026. Entrée libre, à partir de 17 h.
Instagram de l’artiste : celinepelat

 

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