La statue de l’Envol n’a pas toujours trôné sur le pont de Fer, face à la Sarthe. À l’origine, elle était installée place des Jacobins, à deux pas de la cathédrale du Mans.
Inaugurée le 17 juillet 1920, cette sculpture représente un homme levant les bras vers le ciel. Elle rend hommage à Wilbur Wright, pionnier américain de l’aviation, qui effectua plusieurs vols historiques entre août 1908 et janvier 1909 au-dessus des Hunaudières et de Champagné, à bord de son Flyer.
Son auteur n’est pas un inconnu : la sculpture est signée Paul Landowski, artiste de renommée internationale, également connu pour avoir réalisé le Christ Rédempteur de Rio de Janeiro.
De la place des Jacobins au pont de Fer
Haute de 11 mètres et pesant près de 20 tonnes, la statue de l’Envol a dû être déplacée en 2012 pour permettre la construction de la deuxième ligne de tramway. Elle a alors quitté la place des Jacobins pour rejoindre le pont de Fer, à proximité de l’Île aux Planches. Son surnom, « l’Envol », n’est d’ailleurs pas son appellation d’origine : c’est l’ancien maire Jean-Claude Boulard qui lui avait donné ce nom.
Ce déménagement ne s’est pas déroulé sans encombre. Le 23 juin 1995, lors d’un jour de marché place des Jacobins, une branche d’un arbre avait déjà brisé la statue en deux. Puis, lors de son démontage en vue du déménagement en 2012, elle perdit l’un de ses bras. Ces dommages ont depuis été réparés.



Les défis de la conservation
Aujourd’hui, à y regarder de près, la statue présente des taches noires et des traces de mousse. Ce phénomène s’explique par l’humidité et la proximité de la Sarthe, dans un environnement pour lequel l’œuvre n’avait pas été conçue à l’origine. Les matériaux utilisés par Paul Landowski n’étaient en effet pas prévus pour résister à de telles conditions climatiques. La statue fait néanmoins l’objet d’un entretien régulier et demeure malgré tout, une œuvre remarquable, le regard éternellement tourné vers le ciel.
Texte et photos : Yasmine DHAOU.
