« Mrs Dalloway », quand la société étouffe la liberté

Publié pour la première fois en 1925, Mrs Dalloway, par Virginia Woolf, est un roman qui casse les codes. Il invite à réfléchir sur les relations humaine, tout en procurant un aperçu de la société anglaise du XXè siècle.

Dans une Angleterre qui ressort juste de la Première Guerre Mondiale, Clarissa Dalloway organise une fête chez elle. Toute la bourgeoisie londonienne s’y trouvera, ainsi que d’anciens amis inattendus. D’un autre côté de la ville, Septimus Warren Smith, un vétéran de la Première Guerre Mondiale souffrant de maux psychologiques, forme un couple désuni avec sa femme, Lucrezia. Alors que rien ne semble lier ces deux protagonistes, Clarissa découvre comme elle se sent proche de cet homme qu’elle n’avait jamais connu avant.

Une révolution littéraire

Mrs Dalloway est un des romans majeurs de la littérature du XXè siècle. Alors que l’art prend un tournant important dans la société occidentale, notamment avec l’arrivée du cubisme* en peinture, ou encore, du cinéma, Virginia Woolf s’inscrit dans ce nouveau mouvement littéraire moderniste**, également suivi par James Joyce et Marcel Proust. Son style d’écriture mêlant la narration à la pensée des personnages rend l’histoire multi-dimensionnelle. Chacun semble vivre dans une réalité différente de celle des autres.

Des thèmes novateurs

Virginia Woolf est souvent perçue comme une autrice à la lecture compliquée, plutôt ennuyeuse. En effet, Mrs Dalloway n’est pas un ouvrage qui se démarque par sa multiplicité d’actions. C’est une lecture qui demande de la patience, mais qui récompense. En tournant les pages, le lecteur découvre le portrait d’une femme, à travers son propre regard et celui des autres. L’autrice adresse la peur de vieillir, les regrets, les amours passés, le passage du temps, ainsi que les effets psychologiques qu’ont eu la Première Guerre Mondiale. L’homosexualité y tient aussi une place importante, à une époque où celle-ci était sévèrement réprimée.

Au travers des souvenirs, des lieux et des gens qu’a connu Clarissa, Virginia Woolf fait tout un roman du banal. Elle représente le monde comme il est : cruel, lent, complexe, doux parfois ; mais où la joie peut être trop difficile à trouver quand on ne répond pas aux attentes des autres, que l’on est forcé de se conformer. C’est ce désir de bonheur et de liberté qui est exprimé à travers Septimus plus que tous les autres personnages. Faisant de celui-ci un modèle d’inspiration pour Clarissa, et offrant une profonde réflexion aux lecteurs.

Noah CHESNEAU.

Mrs Dalloway, 1925, Virginia Woolf. 200 pages environ.

*Cubisme : mouvement artistique du début du XXe siècle, qui constitue une révolution dans la peinture et la sculpture. Les œuvres cubistes représentent des objets analysés, décomposés et réassemblés en une composition, comme si l’artiste multipliait les différents points de vue.

**Modernisme : Le modernisme est un courant spécifique à l’art du XXe siècle caractérisé par une recherche d’innovation et de rupture avec les conventions établies.