Les tropismes de Nathalie Sarraute

Créée tout d’abord en 1981 pour la radio puis publiée en 1982, la pièce de théâtre Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute nous plonge dans une dispute des plus particulières entre deux amis.

Nathalie Sarraute est une écrivaine et avocate française d’origine russe. Née en 1900 et morte en 1999, deux ans après être entée dans la Pléiade, elle a traversé le XXe siècle tout en révolutionnant la littérature. En effet elle est considéré comme initiatrice du Nouveau Roman, un mouvement littéraire qui renouvelle les conventions romanesque en se concentrant particulièrement sur le travail d’écriture, et de ce qu’on appelle communément le « nouveau théâtre ». Ses écrits majeurs sont Tropismes (1939) et L’Ère du soupçon (1956).

L’œuvre Pour un oui ou pour un nom est la pièce de théâtre la plus jouée de Nathalie Sarraute. Elles présentes de nombreuses singularités tels que l’absence d’actes et de scènes, le nom des personnages qui indique seulement leur genre (« H » ou « F ») et leur ordre d’apparition (1,2,3) et le nombre important de points de suspension.

« Les tropismes sont des sentiments fugaces, brefs, intenses et inexpliqués »

Cette pièce de théâtre met en scène deux amis H1 et H2 qui se disputent à propos d’un « rien » inexplicable, ce qui fait de cette pièce un logodrame, c’est-à-dire que le problème vient des mots et de la parole. C’est grâce à cette très subtile dispute que l’écrivaine tente d’expliquer ce que sont des tropismes, ou du moins comment elle les définis.

La dispute entre H1 et H2 provient d’une phrase énoncée par H1 envers H2 : « C’est bien… ça… ». Lors d’une discussion, H1 proposait des avantages à H2 sauf que ce dernier était trop fier pour les accepter et prétendis ne pas en avoir besoin, ce sur quoi H1 répondis par « C’est bien… ça… ». Ce que H2 reproche à H1, plus que la phrase en elle-même, c’est l’intention péjorative et la condescendance de H1 vis-à-vis de H2. Et c’est là que Nathalie Sarraute explique ce que sont les tropismes. Dans le recueil Tropismes, elle les défini par des sentiments fugaces, brefs, intenses et inexpliqués.

Ainsi dans Pour un oui ou pour un non, tout est centré autour des sentiments ressentis par H1 et H2 suite à des phrases à l’apparence banal au premier regard. Et ce sont ces sentiments qui déclenchant la dispute et l’incompréhension des deux amis.

Texte et photos : Balthazar PEREZ.