Le Mans : la place de la République

Entre histoire, religion, esprit haussmannien et modernisation la place de la République constitue l’un des centres névralgiques de la ville du Mans.

Histoire, modernisation et esprit haussmannien

Jusqu’à la Révolution française, la place de la République est encadrée par les couvents des Visitandines* et des Minimes**. Si le couvent des Minimes est détruit, le couvent des Visitandines conserve encore aujourd’hui certains éléments comme l’église, visible de la place.

La place accueille dès le 16 août 1885 la statue du général Chanzy, une des figures emblématiques s’étant illustrée durant la guerre franco-prussienne (1870-1871). En raison des travaux, la statue est déplacée place Washington en 1970.

Au XIXe siècle, la place de la République connaît de profondes mutations, en partie liées à l’arrivée du chemin de fer. Des voies plus larges et structurantes d’inspiration haussmannienne sont ouvertes. La dynamique se poursuit entre 1888 et 1890 avec le percement du boulevard René Levasseur et la construction de nouveaux bâtiments.

Des façades de style néo-classique

La chambre de commerce et d’industrie (CCI), de style néo-classique, arbore au-dessus de l’entrée le dieu du commerce Hermès, reconnaissable à son casque ailé. Le fronton réalisé par Charles Filleul affiche les figures allégoriques de l’agriculture à gauche, du commerce au centre et de l’industrie à droite. L’hôtel des postes et télégraphes fait face à la CCI et reprend le même style architectural. On retrouve les mots « Postes » et « Télégraphes » sculptés sur la façade, ainsi qu’un buste de Claude Chappe (inventeur du télégraphe) réalisé par Charles Filleul.

L’activité commerciale de la place est favorisée par l’installation d’hôtels et de cafés. L’un des exemples notables est celui du Grüber & Cie (actuel Venez), installé en 1886, selon les plans de l’architecte Henri Aumas. Durant la Seconde Guerre mondiale, le Grüber accueille la Soldatenheim où les soldats de la Werhmart se reposaient. L’activité de restauration est restée pérenne sur la place, mais l’hôtellerie a disparu du paysage. Les services de banque et d’assurance se développent dans la ville à l’image du pas de porte 33 dont le bâtiment néo-classique date de 1900. L’entrée s’illustre par ses hautes colonnes engagées à chapiteaux composites. Au centre, les armoiries mancelles sont encadrées par deux cornes d’abondance.

L’installation du tramway moderne en 2007 et la piétonnisation du quartier poursuivent la politique de désenclavement de la place.

Texte et photos : Eléa PROVOST.

*L’ordre de la Visitation de Sainte-Marie ou les Visitandines est un ordre monastique féminin de droit pontifical.
**L’ordre des Minimes est un institut religieux mendiant de spiritualité pénitentielle.

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