Bartasses montagnardes en Ariège #2

Mon périple débute sous l’orage et je dois écourter mon étape pour me mettre à l’abri. Après une nuit confortable dans un accueil pour randonneur, je gagne de l’altitude via une montée raide à travers les forêts de résineux. Face à la météo empirique, un berger m’offre l’hospitalité.

Le temps reste capricieux les jours suivants et j’avance dans un brouillard épais. L’orientation avec les cartes et la boussole est un vrai atout dans ces conditions. L’humidité permanente imbibe toutes mes affaires. Les versants sont par endroits recouverts d’importants cumuls de neige que je préfère contourner.

Du jour au lendemain, le brouillard s’estompe pour laisser place à un soleil radieux. Une fois mes affaires séchées, je quitte les pelouses d’altitude pour un décor bien plus minéral. Les lignes de crêtes sont saillantes et les vallées encaissées, il faut se frayer un chemin au milieu de la végétation drue et des blocs de granit. Les conditions sont propices au bivouac à la belle étoile. Emmitouflé dans mon sac de couchage, j’observe la voie lactée inonder un ciel profond dépourvu de pollution lumineuse. 

Je reprends la marche pour l’ultime étape de mon trajet, à travers les cols frontaliers de l’Andorre. Si la plupart des passages se sont sans encombres, piolet et crampons sont les bienvenus pour franchir certains névés* assez raides. Puis vient la redescente, le minéral laisse place au végétal puis à l’asphalte. Il est temps de prendre le train de nuit pour le retour.”

* Névé : Amas neigeux, parfois important, persistant en été. 

Texte et photos : Timon Moreau