Dans son roman noir, La mémoire des murs, Tatiana de Rosnay interroge sur l’histoire des lieux. Pascaline, protagoniste de l’œuvre, est confrontée aux événements ancrés dans la pierre de chaque endroit qu’elle côtoie.
Informaticienne tout juste divorcée, Pascaline emménage dans un petit appartement rue Dambre à Paris. Ce logement est pour elle un nouveau départ, une nouvelle vie, mais au lieu de lui offrir paix et tranquillité, il éveille en elle l’angoisse et la peur.
« Les murs ont une mémoire. Et moi de l’imagination » (p. 38)
Au détour d’une conversation avec une voisine, Pascaline découvre que la chambre de son nouveau chez elle a abrité un horrible crime. S’installe alors une psychose constante. Elle s’imagine la scène et ne parvient plus à s’en défaire. Chaque endroit qu’elle foule éveille en elle un passé décharné.


« Chaque lieu avait désormais une histoire, son histoire, ses drames, ses peines » (p.53)
À travers cette œuvre, l’autrice impose un style fluide et nous transporte dans une tourmente psychologique. Aussi, elle interroge le lecteur quant au mal, la noirceur est-elle inné chez les meurtriers ou s’installe-elle à cause des épreuves de la vie ? Au travers des divagations de Pascaline, Tatiana de Rosnay ouvre une réflexion tantôt haletante, tantôt effrayante.
Il ne s’agit pas seulement des espaces où régent une ambiance sordide, l’écrivaine met en exergue le passé de scène de crime parfois oublié, tel le Vél’ d’Hiv’ boulevard Grenelle à Paris. Ces lieux où la vie continue malgré l’horreur dont ils ont été le théâtre.
Finalement, nous assistons au plongeon vers la folie de la protagoniste qui transpose les crimes d’un tueur en série sur sa propre vie.
Texte, photo et illustrations : Maéva Vallée PINOT.
La mémoire des murs, Tatiana de Rosnay, Le livre de poche, 2010, 153 pages.
